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La classe de 4ème récompensée pour son travail sur l’esclavage

« Bonjour, vous écoutez la classe de 4ème du collège Shea Tiaou et aujourd’hui nous allons vous parler des femmes en esclavage. » C’est la voix de Jeanne, élève de 4ème, qui ouvre la pastille sonore de quatre minutes présentée par les élèves de la classe au concours « La Flamme de l’égalité ». Un concours organisé par les ministères de l’Éducation nationale et des Outre-mer, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, le ministère de l’Agriculture et la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. « Ce concours, dont la gestion est confiée à la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement, participe à l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs républicaines, et contribue à la construction d’une mémoire collective afin de favoriser le sentiment d’une appartenance commune. »

Les élèves ont assuré le travail de recherche et d’écriture pour le concours. Ils ont également interprété la trame chantée et enregistré les différentes parties de l’émission radiophonique.

Le travail a commencé durant les cours d’histoire, avec Mme Boucko. « Dans le cadre de l’étude des traites négrières et de l’esclavage au XVIIIe siècle, les élèves ont eu à suivre l’histoire d’Olaudah Equiano. Son exemple a permis aux élèves de découvrir l’organisation de la traite négrière et du commerce triangulaire. A l’issue de ce travail, ils ont été amenés à réaliser un journal d’esclave. Beaucoup d’élèves ont choisi de réaliser des portraits de femmes esclaves, en concevant des témoignages fictifs, mais également des poèmes, ce qui a donné la matière à la pièce sonore pour le concours. »

Par la suite, un travail de recherche a été mené par les élèves avec Mme Boucko, conjointement avec Mme Wea, professeure documentaliste, pour alimenter la réflexion autour du thème du concours 2025-2026 : « Femmes en esclavage ». Les élèves ont ainsi découvert, par exemple, les figures des esclaves Héva et Solitude. Des recherches qui ont continué à alimenter la réflexion des élèves et qui ont, par exemple, amené Marie-Gracianne et Jennifer a prendre la parole pour affirmer que « le travail de mémoire autour de l’esclavage est long en France, la place de la femme esclave reste encore très peu connue ».

Le travail mené a aussi permis aux élèves d’appréhender le fait que, malgré des conditions inhumaines, certaines femmes ont résisté et ont parfois laissé des témoignages poignants et bouleversants.

Avec Angela Boucko, professeure d’éducation musicale, les élèves ont poursuivi le travail en enregistrant le chant Oh freedom et en menant une étude du gospel. « Ce chant a cappella est un dialogue qui demande beaucoup d’écoute, tout en demandant une certaine affirmation aux élèves. Il n’y a pas de partie instrumentale derrière laquelle se cacher, il faut écouter les premiers chants, puis oser prendre la parole lorsque c’est le moment. Le gospel, basé sur les émotions, a permis aux élèves de faire le lien avec l’empathie développée durant la première partie du travail », explique ainsi Angela Boucko.

De plus, pour compléter ce chant, les élèves de la chorale du collège (dont font partie plusieurs élèves de la classe de 4ème) ont accepté de chanter, pour la pastille sonore, un chant en langue iaai. Ainsi, ils ont chanté Hofuc ole, chant composé par M. Adjouhgniope, professeur de iaai. Ce chant, qui est un hommage à une période contemporaine de l’histoire de l’île d’Ouvéa, était important pour les élèves car ils pouvaient ainsi faire entendre leur langue maternelle pour ce concours. De plus, ce chant soulève la question des commémorations de l’histoire et de la façon de la transmettre, de manière artistique notamment.

De quoi faire écho à Jeanne qui, dans l’émission, interpelle : « Nous, nous savons que ces femmes esclaves sont les oubliées de l’histoire et nous, nous voulons les faire connaître. » Un pari réussi puisque la création des élèves, intitulée « Esclâme : la voix des femmes », est la lauréate académique du concours « La Flamme de l’égalité ». Ce travail sera ainsi transmis au jury national du concours, qui doit se réunir en fin d’année scolaire. En attendant, une remise de prix sera organisée en visioconférence entre la classe et Mme Amiot, inspectrice d’académie-inspectrice pédagogique régionale d’histoire-géographie.

Mise à jour : 8 juillet 2026