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L’art du tressage s’apprend en cours de iaai

Dans la salle de classe de M. Adjouhgniope, la concentration est palpable. Objectif : réaliser une création à partir de feuilles de bananier. Un mobile pour les élèves de 5ème, une petite natte pour les 4èmes et un chapeau pour les 3èmes.

A la fin de l’atelier tressage (qui devrait durer environ cinq heures), chaque élève de 3ème devrait avoir réussi à tresser son chapeau.

« Chaque classe est répartie en cinq groupes, explique le professeur de iaai, ainsi chaque équipe est chargée de réaliser une partie du travail ». De la préparation des feuilles jusqu’au pliage final, chaque étape a son vocabulaire propre et sa technique. Au cours de l’atelier, les élèves apprennent patiemment les deux.

Les classes sont divisées en cinq groupes afin de confectionner, à partir de feuilles de cocotier, des chapeaux, des petites nattes ou des mobiles.

« Nous débutons l’année scolaire par cette activité, qui dure environ durant cinq cours, soit cinq heures », reprend M. Adjouhgniope, entre deux démonstrations de pliage et des explications de termes en langue vernaculaire inscrits au tableau.

Avoir de la patience et une bonne technique, deux points essentiels pour réaliser un bon tressage.

Un atelier qui a débuté au collège, alors même qu’était célébrée, mercredi 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle. À cette occasion, l’Organisation des Nations unies soulignait ainsi que « les politiques d’éducation multilingue, mises en avant grâce au thème 2024 « L’éducation multilingue est un pilier de l’apprentissage intergénérationnel », sont cruciales pour l’éducation inclusive et la préservation des langues autochtones ».

Les ateliers tressage sont l’occasion, pour M. Adjouhgniope, professeur de iaai, de présenter des nouveaux mots de vocabulaire aux élèves.

Selon le vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie, « l’enseignement des langues kanak, s’intègre dans le dispositif général des langues vivantes, [...] fortes de cette reconnaissance, elles doivent être préservées et développées, notamment par leur enseignement, et ainsi trouver leur place au titre des priorités éducatives ».

Les élèves de 4ème apprennent à confectionner des petites nattes de coutume.

L’Académie des Langues Kanak (ALK) propose, quant à elle, une carte des aires coutumières et des langues kanak en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, il est précisé, au niveau du vice-rectorat que « les langues kanak sont désormais présentes dans les trois degrés de l’enseignement. Le drubea, le xârâcùù, le yuanga et le iaai peuvent être présentés au DNB, tandis que le drehu, le nengone, le paicî et le a’jië sont reconnus au baccalauréat depuis 1992 et sont enseignés à l’université de la Nouvelle-Calédonie depuis 1999. Enfin, l’arrêté ministériel de l’éducation nationale du 17 octobre 2018, a ouvert le CAPES à ces 4 langues kanak, et la première session du concours a eu lieu en 2020. »

Mise à jour : 23 février 2024

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